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A CANONICA : CATHéDRALE MéDIéVALE
Impressionnante dans sa solitude, émouvante par sa simplicité, la cathédrale SANTA-MARIA-ASSUNTA, tel un défi au temps, dresse au dessus des vestiges romains son imposante structure. Elle fut érigée au début du XIIe siècle en remplacement de la basilique paléochrétienne ruinée par les invasions successives. Pise, alors puissance dominante en Corse se lançait ce faisant, en une sorte d’entreprise de prestige non sans relations avec la victoire au XIe siècle des croisés sur les sarrasins. Le parti architectural retenu par les bâtisseurs de talent, réside en une recherche dans l’équilibre des lignes voulues épurées, afin d’obtenir une harmonie d’ensemble, mariant dans la sobriété, le volume des masses et leur appareillage soigné de pierre de Cipolin veiné aux couleurs vives. Celles-ci, extraites des carrières de Calcschiste de Brando dans le Cap Corse, acheminées par la mer et taillées en dalles furent régulièrement montées en placages extérieurs de parement insérant une maçonnerie lourde de galets et chaux. Ce procédé dérogeait aux règles constructives jusque là retenues et qui privilégiaient des montages de briques rouges ou des maçonneries enduites à la chaux. Au sud de l’édifice, encore visibles par endroits et chevauchant les constructions antérieures, les arases des murs de galets attestent de la présence du palais épiscopal attenant. Ici résideront en effet jusqu’au XIIIe siècle, conférant ainsi à la cathédrale son nom de CANONICA, les évêques du diocèse nommés par Pise en Corse. Par l’importance de ses dimensions (35mx13m) Canonica reste le principal édifice médiéval de culte encore en place dans l’île. Son plan d’orientation Est ouest, présente trois nefs charpentées, dont les murs intermédiaires reposent sur sept files de piliers portant des arcs plein centre aux tracés légèrement surbaissés. La travée orientale sous une couverture de voûtes en arêtes intègre deux pseudos chapelles latérales encadrant une abside semi circulaire surmontée d’un fronton. La diffusion intérieure de la lumière diurne est assurée par des ouvertures châssis rectangulaires, de répartition voulue irrégulière et ménagées en forme de meurtrières à linteaux monolithiques et parements latéraux ébrasés. L’accès à la cathédrale se fait par la porte ouverte en façade ouest. Son linteau monolithe sur pilastres étroits porte un arc plein cintre, comme lui décoré d’entrelacs. L’ensemble est surmonté d’une archivolte aux claveaux sculptés en haut relief d’une frise d’animaux fantastiques ou réels, dont un agneau porteur d’une croix, symbole du rachat des péchés du monde. Curiosité de la façade Sud est, réalisé entre deux ouvertures hautes d’un décor en «intarsiata» de pierres gravées, pourrait constituer « le chef d’œuvre » réalisé par un compagnon tailleur de pierres, lors de son parcours initiatique de formation. On remarque enfin l’élégance discrète et harmonieusement proportionnée de la façade orientale, portant l’abside dont l’architecture n’est pas sans rappeler les compositions visibles sur des églises romanes de Toscane ou de Sardaigne, illustrant une première génération de l’art Roman Pisan. |
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